
Source : archives
Parler d’ouvrir une entreprise à impact signifie que l’entrepreneur ou l’entrepreneuse devra posséder des connaissances techniques et de gestion, en plus d’autres compétences pour maintenir des finances viables tout en améliorant la communauté.
Le défi double toutefois de taille lorsque l’on place cette situation à l’intérieur de la périphérie.
Sur place, on trouve des jeunes et des adultes qui cherchent à agir sur l’environnement où ils vivent, mais avec peu de connaissances ou d’expérience pour le faire.
En conséquence, l’entrepreneuriat social ne parvient pas à se maintenir ou se heurte à des problèmes sans solution, ce qui conduit l’activité à fermer.
Ce cycle est courant et dangereux : il décourage des leaders qui pourraient améliorer les conditions de leurs communautés, ou impose des barrières invisibles entre classes sociales, niveaux de scolarité, âges, genres et origines.
À Campinas, Casa Hacker, en partenariat avec la Fundação Feac, Gerando Falcões et DigitalOcean, a lancé le projet Perifaimpacto, montrant qu’il existe dans la quebrada des esprits brillants injustement empêchés.
C’est pourquoi nous allons parler aujourd’hui des entreprises à impact au Brésil — on y va ?
Qu’est-ce que l’entrepreneuriat social ?
Selon le Sebrae, il existe huit formes d’entrepreneuriat : numérique, d’affaires, corporatif, social, vert, féminin, individuel et coopératif.
Parmi elles, l’entrepreneuriat social est l’une de celles qui ne visent pas le profit, mais cherchent seulement à défendre une cause. L’entrepreneuriat vert peut avoir le même sens, mais avec des objectifs alignés sur l’environnement, et l’entrepreneuriat féminin peut — ou non — être lié à l’impact social.
Pour atteindre un objectif social, il est fondamental que l’activité repose sur une idée innovante et que la motivation pour atteindre le but soit forte et constante. Autrement dit : aimer ce que l’on fait et travailler avec beaucoup de joie.
Lorsqu’une entreprise se détache de l’objectif commun du marché (qui serait de gagner de l’argent) et se met à viser une mission, elle rencontre d’autres problèmes qui ne peuvent se résoudre que par un mouvement collectif.
Il faut être disponible pour qui en a besoin ; c’est pourquoi les collectifs cherchent à se développer au point de ne dépendre ni de l’État ni d’œuvres de charité, mais cette étape peut être la plus difficile à franchir.
Comme une entreprise d’affaires sur le modèle traditionnel, une entreprise sociale doit être planifiée, structurée et disposer d’une forme de mesure. En l’occurrence, ce sera toujours la performance de l’impact.
Il est primordial qu’elle implique de nombreuses personnes, de nombreux réseaux et connexions. Aussi bien pour démarrer que pour faire advenir les choses.
C’est pourquoi l’entrepreneuse ou l’entrepreneur doit avoir des compétences en communication et développer ses relations.
Il convient de souligner que l’entrepreneuriat social est un terme « parapluie » : cela signifie que l’on peut y trouver d’autres formes d’activité, comme l’entreprise sociale ou d’inclusion.
Une entreprise à impact social, elle, se situe entre le deuxième et le troisième secteur : une activité financièrement viable, mais sans viser le profit maximal, tout en recherchant l’impact social.
Les défis de la gestion des collectifs
Il existe beaucoup d’erreurs qu’une entreprise sociale peut commettre sur le chemin de son activité. Cela se produit surtout chez des entrepreneurs disposant de peu de connaissances et d’opportunités.
Dans la périphérie, par exemple, on compte un nombre frappant de jeunes intéressés et passionnés par leurs causes, mais peu motivés à lancer leur propre entreprise à impact.
Les idées innovantes se retrouvent bridées par des problèmes de gestion, jusqu’à être abandonnées à un moment ou à un autre.
Pour mieux illustrer à quoi ressemblent les obstacles de ces collectifs, citons quelques questions soulevées par l’étude « Desafios de Empreender Negócios Sociais no Brasil » de Guilherme Abranches Sucupira. Dans cette recherche, l’auteur a analysé la contribution de l’ONG Artemisia et de l’incubateur Instituto Gênesis.
Sur le plan juridique, les défis sont liés à la fiscalité, à l’organisation et à la formalisation. Le manque de connaissances ou la crainte de savoir comment poursuivre peuvent engendrer des conséquences sérieuses à l’avenir si l’on n’y remédie pas dès le départ.
Structurer un bon modèle d’affaires, en comprenant comment aligner toutes les pièces, demande aussi un suivi et de l’attention. Il est fréquent que des idées surgissent avec des points en suspens, source d’incertitudes et d’insécurité.
Connaître parfaitement le public cible relève également de l’innovation dans l’activité : après tout, la solution créée doit répondre aux douleurs et aux besoins, quitte à devoir mener des tests et des modifications.
Pour les entreprises à impact centrées sur les services, l’une des difficultés est le passage à l’échelle, qui sert à réduire le prix pour les personnes à faibles revenus.
En outre, le retour financier et la mesure de l’impact sont des points difficiles pour qui débute. Selon l’activité, le retour n’est pas en équilibre avec l’impact, ou bien elle peine à mesurer la différence qu’elle a apportée à la cause.
La gestion, l’un des piliers les plus importants de ce processus, peut être un véritable défi. Ici, l’entrepreneuse ou l’entrepreneur doit savoir gérer le marketing, le marché, le public, les finances, la fixation des prix et d’autres domaines qui exigent connaissance et étude.
Or nous parlons d’activités créées par la périphérie pour elle-même : on peut donc imaginer qu’apprendre la gestion est loin d’être une tâche facile.
Enfin, il faut rappeler que nouer des partenariats est important et déterminant pour la réussite d’une entreprise à impact social, ce qui peut constituer un obstacle de plus, nécessitant conseils et attention.
Qu’est-ce qu’un incubateur d’entreprises à impact ?
L’une des meilleures solutions pour les entreprises à impact qui débutent ou qui affrontent certains de ces défis est de chercher des incubateurs.
Un incubateur d’entreprises à impact social est une structure qui apporte un appui pour aider au développement. Pour cela, ces structures proposent des formations, des services, un accompagnement technique et du conseil adaptés à chaque activité.
L’idée est d’offrir des connaissances, de l’expérience et même de la technologie pour que l’entreprise traverse ses défis et atteigne ses objectifs principaux, ceux qui comptent pour la cause.
Découvrez Perifaimpacto
L’initiative PerifaImpacto propose aux entreprises à impact et aux collectifs menés par des jeunes de la périphérie une formation et une incubation.
L’idée est de soutenir de jeunes entrepreneurs à impact qui ont besoin d’expérience et de connaissances pour porter leurs changements dans la communauté.
Ainsi, de nouveaux collectifs voient le jour et, par conséquent, les solutions viennent de la quebrada pour la quebrada. Une question très importante pour l’inclusion et pour le développement de l’innovation dans des lieux où les opportunités sont plus rares.
La Trilha de Impacto Social Modo On est un parcours virtuel gratuit ouvert à quiconque souhaite se former à des contenus portant sur la théorie du changement, l’innovation sociale, la stratégie et la gestion d’équipe, et bien plus encore ! C’est la clé de l’incubation : la proposition principale du programme
L’incubation s’adresse aux structures de Campinas — SP, après un processus de sélection des initiatives. Le projet accueille aussi très volontiers les collectifs comptant des femmes, des personnes trans, des personnes en situation de handicap, des personnes noires et des peuples autochtones.
Les inscriptions au projet ont déjà commencé. Alors, soyez attentifs ! Pour en savoir plus, jetez un œil à la page de l’initiative en cliquant ici !
Références
- SUCUPIRA, Guilherme Abranches. Desafios de Empreender Negócios Sociais no Brasil. PUC-Rio.
